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Objet ITG : Endotoxines bactériennes/pyrogènes

La littérature a récemment consacré une attention considérable au test des endotoxines bactériennes, à sa signification et à son interprétation, ainsi qu’à sa comparaison avec le test sur le lapin de l’USP. Ce sujet avait déjà été brièvement abordé dans le « Inspection Technical Guide No. 32 » du 12 janvier 1979, intitulé : « Pyrogens, Still a Danger » (Les pyrogènes : un danger persistant).

En raison de l’acceptation et de l’utilisation accrues de l’essai de recherche des endotoxines bactériennes, l’ITG n° 32 fait l’objet d’une mise à jour.

L’USP reconnaît désormais deux essais : l’essai de recherche des pyrogènes sur lapin et l’essai de recherche des endotoxines bactériennes, également appelé essai au lysat d’amébocytes de Limule (LAL). Par ailleurs, l’agence a approuvé l’utilisation de l’essai de recherche des endotoxines bactériennes pour de nombreux médicaments et dispositifs médicaux. Le présent ITG portera sur la portée et l’interprétation des essais de recherche des pyrogènes et des endotoxines. Il abordera également les sources de pyrogènes ainsi que les méthodes de dépyrogénation. Il convient de prendre en compte les limites de l’essai sur lapin lors de l’examen des systèmes dans le cadre des inspections d’établissements fabriquant des médicaments stériles ou des dispositifs médicaux.

Histoire

Le Federal Register du 18 janvier 1980 a proposé des lignes directrices pour la détermination des endotoxines au moyen du test au lysat d’amébocytes de Limulus (LAL). Par la suite, le projet de lignes directrices a été révisé et republié en 1983. Le 5e supplément de l’USP XX a révisé l’essai sur les endotoxines bactériennes. Toutefois, contrairement au projet de lignes directrices de la FDA, aucune disposition relative à un nouveau test n’y a été incluse. La plupart des fabricants en sont à un stade ou à un autre de la validation de l’essai sur les endotoxines bactériennes pour leurs produits.

Au cours des dernières années, le sous-comité de l’USP chargé de la révision des méthodes d’essai et des monographies de produits figurant dans le recueil officiel a apporté des modifications importantes aux exigences relatives à l’essai de recherche des endotoxines bactériennes et aux monographies de produits. En 1984, des limites spécifiques concernant les endotoxines bactériennes ont été fixées pour cinq types d’eau de qualité USP. L’eau pour préparations injectables, l’eau stérile pour préparations injectables et l’eau stérile pour irrigation sont soumises à une limite admissible d’endotoxines de 0,25 unité d’endotoxine (UE)/ml (l’UE étant l’unité de mesure de l’activité des endotoxines). En revanche, une limite légèrement plus élevée, fixée à 0,5 UE/ml, a été établie pour l’eau bactériostatique pour préparations injectables et l’eau stérile pour inhalation (USP – Supplément 4a – 1984). L’organisme a reconnu les avantages de l’essai de recherche des endotoxines bactériennes, notamment en termes de sensibilité, de reproductibilité, de champ d’application et de simplicité. Par ailleurs, les inspections ainsi que les programmes d’analyse de la FDA ont mis en évidence des taux inacceptables d’endotoxines dans des médicaments et des dispositifs médicaux.

Certains produits finis testés — bien qu’ils n’aient pas nécessité d’intervention corrective en raison de la faible dose administrée — pourraient révéler des problèmes de pyrogènes dans d’autres systèmes, comme celui de production d’eau pour préparations injectables (EPI). Par exemple, un produit tel que la cyanocobalamine injectable peut présenter une concentration en endotoxines de 10 UE/ml tout en étant considéré comme conforme. Toutefois, cela pourrait amener à s’interroger sur le système d’eau pour préparations injectables du fabricant, étant donné que ce système devrait normalement afficher un taux de 0,25 UE/ml.

La littérature scientifique consacre une large place au débat opposant endotoxicité et pyrogénicité. Bon nombre d’inspecteurs de la FDA et d’examinateurs de rapports d’inspection ignorent les limites du test sur lapin de l’USP en tant que méthode de détection des endotoxines. À titre d’exemple, Elin a noté dans l’ Annual Review of Medicine que « l’administration répétée de lipopolysaccharide (LPS) — terme chimique synonyme d’endotoxines bactériennes — à des animaux de laboratoire entraîne une diminution progressive de certains effets biologiques, notamment la fièvre. Le mécanisme précis de ce phénomène, appelé tolérance aux endotoxines, demeure inconnu ». Par ailleurs, certaines études ont démontré que l’endotoxine de la bactérie responsable de la maladie du légionnaire présente un spectre de toxicité différent de celui des bactéries à Gram négatif plus courantes. En particulier, l’endotoxine de cette bactérie s’est révélée peu pyrogène lors du test sur lapin, mais très active dans le test LAL, avec un écart de 1 000 fois entre les résultats des deux méthodes. Dans ce cas de figure, le test sur lapin s’avère inadapté pour évaluer la puissance des toxines présentes.

Le test de détection des pyrogènes de l’USP présente d’autres limites outre la tolérance aux endotoxines et la faible réactivité vis-à-vis de l’endotoxine de Legionella. Parmi ces limites figure la variabilité des résultats obtenus pour une même préparation d’endotoxine étalon. Cette variabilité est influencée par les fluctuations saisonnières, les facteurs interlaboratoires, les caractéristiques propres aux différentes espèces de lapins ainsi que par d’autres facteurs biologiques. Ce test est inadapté à certaines classes de médicaments, notamment les radiopharmaceutiques, les agents de chimiothérapie anticancéreuse, les hypnotiques et les stupéfiants, les vitamines, les stéroïdes et certains antibiotiques. Il a été constaté que la présence apparente de pyrogènes dans le produit peut être « masquée » par l’activité physico-chimique des composants du médicament. Par ailleurs, le test sur lapin manque de sensibilité pour la détection d’endotoxines dans les médicaments administrés par voie intrathécale.

La signification clinique de l’endotoxine est également peu reconnue. Cela s’explique peut-être par le fait que l’effet pathogène le plus souvent mis en avant dans les infections à bactéries à Gram négatif est la fièvre ; or, parmi tous les effets de l’endotoxine, la fièvre est probablement le moins important, tant sur le plan biologique que clinique.

Bien que de nombreux fabricants utilisent le test LAL, certains hésitent encore à y recourir en raison de sa sensibilité excessive.

Outre la sensibilité de l’essai, la méthode LAL permet de tester un plus grand nombre d’unités de dosage ou de dispositifs. Par exemple, l’analyse d’un échantillon composite provenant d’un dispositif stérile critique a révélé un taux d’endotoxines acceptable (à noter que l’essai de pyrogénicité de l’USP s’effectue sur un échantillon composite). Toutefois, lorsque les extraits des unités ont été testés individuellement par la méthode LAL, des résultats non conformes ont été observés dans certains cas. Une situation analogue a été constatée avec un lot d’eau bactériostatique pour préparations injectables : alors qu’un échantillon composite issu de plusieurs unités présentait une teneur en endotoxines inférieure à 0,5 UE/ml, certaines unités spécifiques dépassaient cette limite USP de 0,5 UE/ml, ce qui a entraîné des mesures réglementaires.

Characteristics of Bacterial Endotoxin

Le terme « pyrogène microbien », par opposition à « endotoxine bactérienne à Gram négatif », est devenu une désignation générale pour de nombreuses substances différentes. Toutefois, des substances pyrogènes peuvent être produites par certaines bactéries à Gram positif, des mycobactéries, des champignons ainsi que des virus ; néanmoins, ce sont les pyrogènes produits par les bactéries à Gram négatif — à savoir les endotoxines — qui revêtent une importance particulière pour l’industrie pharmaceutique.

Les endotoxines bactériennes, présentes dans la membrane externe des bactéries à Gram négatif, appartiennent à une classe de phospholipides appelés lipopolysaccharides (LPS). Les LPS ne sont pas des produits exogènes des bactéries à Gram négatif ; leur libération par la bactérie survient après la mort et la lyse de la cellule. Escherichia coli, Proteus, Pseudomonas, Enterobacter et Klebsiella constituent des exemples représentatifs de bactéries à Gram négatif productrices de pyrogènes.

Formule utilisée pour calculer la limite d’endotoxines pour des médicaments individuels

Les effets des endotoxines dépendent de la quantité d’endotoxines présente dans la dose de produit administrée au patient. La dose variant d’un produit à l’autre, la limite en endotoxines est exprimée sous la forme K/M. La valeur K est fixée à 5,0 UE/kilogramme (kg), ce qui correspond au seuil approximatif de la dose pyrogène pour l’homme et le lapin ; c’est à ce niveau qu’un produit est jugé pyrogène ou non pyrogène. Le terme M représente soit la dose utilisée pour le test de pyrogénicité sur lapin, soit la dose maximale chez l’homme (exprimée en kg) susceptible d’être administrée en une heure, la plus élevée de ces deux valeurs étant retenue. Pour les produits destinés à une injection intrathécale, la valeur K est de 0,2 UE/kg. Toutefois, il existe cinq produits à base d’eau (mentionnés précédemment) qui, en raison des volumes importants pouvant être administrés et de l’absence de limitation de dose, sont soumis à des limites spécifiques de teneur en endotoxines par millilitre.

Exemple 1 – Médicament non intrathécal dont la dose maximale chez l’humain est de 10 ml/kg.

Limite d’endotoxines = K (5 UE/kg) / M (10 ml/kg) = 0,5 UE/ml

Exemple 2 – Produit : Solution injectable de cyanocobalamine. Concentration : 1000 µg/ml

Dose maximale/kg : 14,3 µg/kg (voir l’étiquetage du produit)

Limite de tolérance aux endotoxines = 5,0 UE/kg (médicament non intrathécal)

Limite d’endotoxines = K (5,0 UE/kg) / M (14,3 µg/kg) = 0,35 UE/µg

Cette valeur (0,35 UE/µg) est exprimée en unités d’endotoxines par microgramme de produit. Pour convertir cette valeur en une concentration d’unités d’endotoxines par ml, multipliez-la (0,35 UE/µg) par la concentration du produit (voir ci-dessous).

1000 µg/ml × 0,35 UE/µg = 350 UE/ml

Cette valeur signifie que si un fabricant de médicaments parentéraux utilise la méthode LAL pour le dosage des endotoxines dans la solution injectable de cyanocobalamine, le produit ne doit pas contenir plus de 350 UE/ml.

LAL Methods – Some Inherent Weaknesses

La FDA et l’USP ont reconnu la validité de diverses approches utilisant le réactif LAL pour la recherche d’endotoxines. Il existe quatre méthodes fondamentales disponibles dans le commerce et actuellement approuvées par la FDA pour le contrôle de libération des produits finis : (i) la méthode de formation de gel (gel-clot) ; (ii) la méthode turbidimétrique (spectrophotométrique) ; (iii) la méthode colorimétrique (dosage des protéines selon Lowry) ; et (iv) la méthode chromogénique. Les réactifs LAL utilisés dans ces méthodes doivent provenir d’un fabricant agréé par la FDA et être spécifiquement conçus pour la méthode choisie. Bon nombre des autres méthodes utilisant le LAL décrites dans la littérature sont des variantes des tests de formation de gel ou turbidimétriques ; certaines ont été conçues pour réduire la quantité de réactif LAL nécessaire par rapport à la méthode de base.

Certains produits sont connus pour interférer avec la capacité du réactif LAL à réagir avec les endotoxines. Ces facteurs peuvent être d’ordre chimique ou physique. Les inhibiteurs chimiques provoquent la chélation des cations divalents nécessaires à la réaction du LAL (par exemple, l’EDTA), la dénaturation des protéines (par exemple, la fluorescéine) ou une altération du pH (par exemple, un pH situé en dehors de la plage 6,0 – 7,5). Les inhibiteurs physiques incluent l’adsorption des endotoxines ou la viscosité du produit. La plupart de ces facteurs affectent toutes les méthodes, bien que le degré d’inhibition puisse varier. Toutefois, il est généralement possible de surmonter cette inhibition en diluant le produit. D’autres facteurs, tels que la forme et le type de verrerie utilisés pour le test de formation de gel, peuvent également influer sur la validité de l’analyse. Par exemple, la verrerie siliconée ainsi que les récipients en plastique peuvent inhiber la formation du gel ou empêcher une lecture spectrophotométrique précise du point final du mélange réactionnel.

Les méthodes turbidimétriques et chromogènes ne peuvent pas être utilisées avec certains produits troubles ou colorés. De plus, la formation d’un précipité, bien qu’elle constitue un facteur d’interférence, peut être confondue avec une réponse positive lors de l’utilisation de ces méthodes. L’un des problèmes liés à la méthode chromogène est la formation d’un précipité après l’ajout d’acide destiné à arrêter le développement de la couleur. Ce problème survient le plus souvent avec des produits dont la solubilité nécessite un pH neutre ou basique.

Il est crucial de valider la fiabilité et l’exactitude de la méthode LAL pour chaque produit testé. Les fabricants peuvent démontrer ces paramètres en inoculant le produit avec de faibles quantités d’endotoxines et en mesurant leur taux de récupération. Les concentrations d’endotoxines utilisées doivent se situer dans la fourchette inférieure de sensibilité du lysat. Par ailleurs, plusieurs chercheurs ont constaté que le choix de la source du réactif (c’est-à-dire le fabricant du lysat) peut lui-même contribuer à la variabilité des résultats d’analyse. Par conséquent, tout changement de source de réactif impose une nouvelle validation de l’essai.

Depuis sa première publication en 1980, la procédure d’analyse relative au test des endotoxines bactériennes a fait l’objet de plusieurs révisions. Ces modifications ont permis de renforcer la fiabilité de la méthode LAL en tant que méthode de référence officielle. Les changements significatifs sont les suivants : (i) après dilution de l’endotoxine dans deux séries de solutions parallèles — l’une à base d’eau et l’autre contenant le produit dont le pH a été ajusté —, le point final des mélanges réactionnels des deux séries ne doit pas différer de plus d’un facteur deux ; (ii) si le produit interfère avec le mélange réactionnel du lysat, toute dilution comprise entre le point limite d’inhibition et la dilution maximale valide (MVD) peut être utilisée ; (iii) la dilution maximale autorisée pour l’essai du produit doit être déterminée à l’aide des formules relatives à la dilution maximale valide (MVD). Cette formule repose sur la dose du produit, la limite de tolérance aux endotoxines et la sensibilité du lysat. Une dilution du produit au-delà de ce facteur calculé rendrait tout résultat négatif dépourvu de signification, car des concentrations nocives d’endotoxines pourraient être ramenées à un niveau inférieur au seuil de détection du lysat ; (iv) les procédures de lavage des dispositifs médicaux pour en éliminer les endotoxines bactériennes manquaient de précision ; il est désormais souligné qu’il convient de veiller à ne pas utiliser de volumes excessifs pour le rinçage du produit.

Sources

Les sources de pyrogènes dans les produits parentéraux et les dispositifs médicaux peuvent être multiples. Les sources habituelles sont : l’eau utilisée comme solvant ou lors de la fabrication ; les éléments de conditionnement ; ainsi que les produits chimiques, les matières premières ou les équipements utilisés pour la préparation du produit. Les bonnes pratiques impliquent de contrôler les niveaux de contamination microbiologique et en endotoxines au niveau des sources potentielles susmentionnées.

Dans le cas des produits parentéraux, des inspections ont révélé que, lorsque des problèmes de pyrogènes étaient détectés dans les formes galéniques et que la source en était une matière première, il s’agissait de la substance active. Ce constat s’appliquait tout particulièrement aux substances actives pour lesquelles de l’eau de procédé était utilisée à un stade avancé de la synthèse. Les taux d’endotoxines de la substance active ont pu être réduits par la suite grâce à une diminution de la charge microbiologique de l’eau de procédé et à une meilleure maîtrise du système de distribution de cette eau.

Par ailleurs, si la substance active est d’origine biologique, une élimination incomplète des micro-organismes lors de l’étape de purification peut entraîner des taux d’endotoxines élevés dans le produit final. C’est notamment le cas pour les antibiotiques produits par fermentation ou pour les sous-produits de bactéries à Gram négatif utilisées dans la fabrication de médicaments issus du génie génétique. L’utilisation potentielle de levures dans ce domaine est actuellement à l’étude afin de remédier à ce problème.

Les procédures générales de traitement des composants physiques des produits parentéraux, tels que les bouchons et les flacons, prévoient le lavage de ces éléments à l’eau apyrogène avant leur stérilisation. Les bonnes pratiques impliquent de limiter au maximum la manipulation des composants après le lavage et de procéder rapidement à la stérilisation, en particulier lorsqu’elle est effectuée à la vapeur. Le stockage de bouchons humides non stériles pourrait entraîner une prolifération de micro-organismes et, potentiellement, une augmentation des taux d’endotoxines.

Une autre source d’endotoxines réside dans les systèmes de distribution d’eau pour préparations injectables (EPI) ou d’eau apyrogène. De manière générale, les systèmes à circulation d’eau chaude (à une température supérieure à 75 °C) offrent un environnement peu propice à la prolifération microbienne et à la formation d’endotoxines. Dans les systèmes de distribution d’eau pour préparations injectables fonctionnant à des températures plus basses (environ 60 °C), la maîtrise du risque est assurée, dans une certaine mesure (et de façon marginale), par la température du système lui-même. On peut toutefois craindre la survie et la prolifération, à 57 °C, de certains micro-organismes pathogènes à Gram négatif, tels que Legionella pneumophila. Il existe une documentation abondante concernant la présence de L. pneumophila dans les réseaux d’eau chaude des établissements hospitaliers. La littérature scientifique a démontré qu’une élévation périodique de la température de ces réseaux à un niveau compris entre 75 et 80 °C permettait d’éliminer ce micro-organisme.

En général, les systèmes d’eau pour préparations injectables (EPI) fonctionnant à température ambiante posent le plus grand problème. Bon nombre de micro-organismes indésirables, sources importantes d’endotoxines, prolifèrent aisément dans les systèmes d’EPI froide. Cela est particulièrement vrai pour les systèmes à osmose inverse (OI). Il est reconnu que, les filtres à osmose inverse n’offrant pas une rétention absolue, il peut s’avérer nécessaire de les monter en série pour produire une EPI exempte de pyrogènes.

Comme indiqué précédemment, la prolifération de certains types de micro-organismes contribue à l’augmentation des taux d’endotoxines. Les solutions non stériles en vrac (en cours de fabrication ou formulées), en particulier celles dépourvues de conservateurs, constituent un milieu propice au développement microbien. Il n’est pas d’usage courant pour les fabricants d’effectuer des tests de recherche d’endotoxines sur ces solutions. La plupart réalisent des analyses microbiologiques pour déterminer la charge microbienne avant de soumettre la solution à un procédé de stérilisation. Toutefois, pour évaluer le risque de taux élevés d’endotoxines, il serait judicieux d’effectuer des analyses microbiologiques avant toute étape de stérilisation. Par exemple, si un produit est formulé et filtré avant la stérilisation finale, l’analyse de la charge microbienne après filtration fournira des informations utiles pour juger de l’adéquation du procédé de stérilisation. En revanche, elle n’apportera que peu, voire aucune information sur l’efficacité du procédé à minimiser la contamination par les endotoxines. Étant donné que les endotoxines résultent d’une forte présence de micro-organismes et ne sont pas éliminées par les filtres stérilisants ou microbiologiques, la réduction ultérieure d’une charge microbienne élevée ne s’accompagnera pas d’une réduction équivalente du taux d’endotoxines.

Tout comme pour les médicaments administrés par voie parentérale, il a été constaté que des dispositifs stériles étaient parfois contaminés par des endotoxines. Ces dernières provenaient d’eau ayant pénétré, d’une manière ou d’une autre, dans le processus de fabrication. Par exemple, le lavage de composants tels que les milieux filtrants destinés à la fabrication de filtres, ou encore le lavage et le rinçage de tubulures ou d’autres dispositifs en plastique avant leur stérilisation ultérieure, constituent des sources potentielles d’endotoxines.

Dépyrogénation

Il est difficile d’éliminer les endotoxines des produits une fois qu’elles y sont présentes. Il vaut bien mieux maintenir les produits finis et les composants relativement exempts d’endotoxines plutôt que de devoir les éliminer après coup.

Les procédés de dépyrogénation les plus courants pour les composants physiques comprennent l’incinération et l’élimination par lavage (également appelée dilution). La littérature indique que d’autres procédés, tels que la filtration, l’irradiation et le traitement à l’oxyde d’éthylène, ont une efficacité limitée pour réduire les taux de pyrogènes ou d’endotoxines. Pour les systèmes produisant de l’eau pour préparations injectables, les deux méthodes de fabrication acceptables sont la distillation et l’osmose inverse.

Il a été démontré que la distillation est une méthode efficace et la plus fiable pour éliminer les endotoxines d’échantillons d’eau contaminés. Des problèmes isolés liés à des projections dans l’alambic et à une contamination ultérieure du distillat ont été identifiés. De même, des problèmes isolés concernant les condenseurs ou les échangeurs de chaleur ont été signalés. Veuillez consulter l’ITG n° 34, daté du 31 juillet 1979, pour plus d’informations sur les échangeurs de chaleur.

Comme pour la plupart des procédés et équipements, il est recommandé de connaître les limites et/ou les capacités du matériel utilisé. Par exemple, il a été constaté que des distillateurs alimentés par une eau à forte teneur en endotoxines pouvaient parfois produire de l’eau pour préparations injectables (EPI) de qualité inacceptable (> 0,25 UE/ml). De même, lorsque l’EPI est produite par osmose inverse (OI), il est nécessaire de connaître la teneur en endotoxines de l’eau d’alimentation. Les filtres d’osmose inverse n’offrant pas une rétention absolue, un montage en série peut s’avérer nécessaire pour obtenir une EPI exempte de pyrogènes. Quel que soit le système utilisé, les bonnes pratiques impliquent de pouvoir isoler et évaluer chaque équipement composant le système de production d’EPI. Pour plus d’informations sur l’osmose inverse, veuillez consulter l’ITG n° 36 du 21 octobre 1980.

Pour les composants physiques tels que les bouchons et les tubulures, le rinçage ou la dilution à l’aide de systèmes d’eau apyrogène sont les méthodes les plus courantes. Certains fabricants, notamment ceux de solutés de grand volume (LVP), ont recours à la dilution pour éliminer les endotoxines des récipients en verre, qui sont ensuite stérilisés par d’autres moyens. Tout comme pour la validation de la stérilité, la validation de la réduction des endotoxines doit reposer sur la connaissance de la charge initiale en endotoxines et sur un essai de provocation (challenge) satisfaisant. Il convient de noter qu’en raison du manque de sensibilité de l’essai USP de recherche de pyrogènes sur lapin, les essais de provocation doivent être réalisés à l’aide du test au lysat d’amoebocytes de Limule (test LAL). Bien qu’il n’existe pas de guide spécifique dans ce domaine, on s’attend généralement à une réduction d’au moins 3 log par rapport à la charge d’endotoxines utilisée pour l’essai de provocation lorsque le procédé de dilution est employé.

Historiquement, les flacons ou les composants en verre sont débarrassés des pyrogènes par stérilisation à la chaleur sèche à haute température. Certains textes préconisent la dépyrogénation de la verrerie et du matériel par chauffage à 250 °C pendant 45 minutes. Il a été rapporté qu’une exposition à 650 °C pendant 1 minute ou à 180 °C pendant 4 heures permet également de détruire les pyrogènes. Des études menées par Tsuji et al., publiées en 1978, ont montré qu’à des températures plus basses (170 °C), la destruction thermique suit une cinétique de second ordre et qu’une réduction de 3 log des taux d’endotoxines pourrait ne pas être réalisable dans ces conditions.

Il existe d’autres méthodes moins courantes pour éliminer les endotoxines. Dans la fabrication de poudres stériles, la cristallisation ou la purification sont fréquemment utilisées à cette fin. Certains fabricants ont parfois recours à des méthodes moins recommandables, telles que le lavage ou le rinçage des cristaux ou de la poudre avec un solvant, pour éliminer les endotoxines.

REMARQUE : Le recours à la dilution ou au rinçage est acceptable pour un composant physique tel qu’un bouchon ou un flacon, qui n’est pas destiné à être injecté. Toutefois, cette méthode présente un intérêt limité lorsqu’elle est appliquée à un composant chimique. En effet, on ne peut garantir qu’une réduction du taux d’endotoxines a été obtenue au-delà de la surface externe de la poudre, c’est-à-dire au sein même des cristaux.

Parmi les autres méthodes moins couramment acceptées figurent le traitement à l’oxyde d’éthylène et l’irradiation. Il a été démontré qu’une exposition à l’oxyde d’éthylène permettait de réduire d’environ 80 % le caractère pyrogène des endotoxines d’E. coli présentes dans les dialyseurs.

Pour ce qui est du matériel de fabrication et des lignes de transfert, la dépyrogénation par dilution a généralement été la méthode privilégiée. L’utilisation de solutions fortement alcalines ou oxydantes a parfois été mise en œuvre pour réduire la charge en pyrogènes dans ces systèmes de stockage et de distribution. Ces opérations doivent toutefois être suivies d’un rinçage à l’eau pour préparations injectables. Il est possible d’obtenir des taux de résidus dans la solution de rinçage inférieurs à 1 partie par million (ppm), un seuil qui a été jugé acceptable.

REFERENCES

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