Variant N-terminal acylé du GHRH humain, le Tesamorelin présente une stabilité accrue contre la DPP-4 tout en conservant une activité GHRH-R native. Profil pour la recherche.
Le Tesamorelin est un analogue synthétique du GHRH humain (1-44) modifié par l’addition d’un groupement trans-3-hexenoyl à l’extrémité N-terminale. Cette acylation lui confère une résistance accrue à la DPP-4 (qui clive normalement le GHRH natif en quelques minutes) tout en préservant l’agonisme intégral du récepteur GHRH-R. C’est l’un des analogues GHRH les plus étudiés en recherche préclinique sur l’axe somatotrope et son influence sur le métabolisme lipidique.
1. Structure
- Squelette : GHRH humain (1-44)-NH₂, 44 acides aminés.
- Modification N-terminale : groupement trans-3-hexénoyl conjugué à la tyrosine 1.
- Masse moléculaire : ≈ 5198 Da.
Cette modification suffit à augmenter significativement la demi-vie plasmatique sans nécessiter de mutations ponctuelles (contrairement au CJC-1295 qui combine Aib substitutions + acylation).
2. Mécanisme : agonisme GHRH-R
Le Tesamorelin se lie au récepteur GHRH-R (RCPG classe B) sur les somatotropes hypophysaires :
- Couplage Gαs → activation de l’adénylate cyclase.
- Élévation d’AMPc intracellulaire → PKA.
- Phosphorylation de CREB → transcription du gène GH1.
- Libération pulsatile de GH dans la circulation.
L’agonisme est dit « complet » : à concentration saturante, le Tesamorelin reproduit fidèlement la réponse du GHRH endogène, sans biais de signalisation marqué.
3. Effet sur le métabolisme lipidique (recherche)
L’une des particularités étudiées du Tesamorelin concerne la lipolyse, notamment au niveau du tissu adipeux viscéral. Dans les modèles précliniques :
- Augmentation transitoire de la sécrétion de GH → action sur les lipases tissulaires.
- Élévation de l’IGF-1 plasmatique (axe somatotrope intégré).
- Modulation de l’expression de gènes adipocytaires (PPARγ, lipase hormono-sensible).
Ces lectures sont issues de modèles animaux et cellulaires ; elles servent à caractériser le profil pharmacologique du peptide en recherche fondamentale, pas à indiquer un usage clinique non encadré.
4. Tesamorelin vs CJC-1295 — choix de l’outil
| Critère | Tesamorelin | CJC-1295 (DAC) | CJC-1295 (sans DAC) |
|---|---|---|---|
| Modifications | Acylation N-term | Aib2/15, acyl-K27 (DAC) | Aib2/15 |
| Demi-vie | ~26 min plasm. (effet GH pulsatile) | ~7-8 jours | ~30 min |
| Profil cinétique | Pulsatile préservé | Plateau soutenu | Pulsatile |
| Usage en recherche | Étude axe GH-IGF-1 court terme | Études chroniques | Cinétiques rapides |
Choisir le Tesamorelin si : on veut un GHRH long-vie modéré, préservant la pulsatilité GH naturelle, dans un protocole court à moyen terme. Choisir le CJC-1295 DAC si : on veut un plateau soutenu sur plusieurs jours.
5. Conditions expérimentales
- Reconstitution : eau bactériostatique stérile, 1-3 mg/mL.
- Stockage : aliquots à −20 °C ; reconstitué, 2-8 °C pendant ≈ 4 semaines.
- Concentrations in vitro : 1-100 nM sur hypophyses ex vivo ou cellules GH3.
- Pureté : exiger ≥ 99 % HPLC ; PTM Peptide délivre le Tesamorelin à ≥ 99,7 % HPLC.
6. Lectures expérimentales
- GH plasmatique : ELISA / RIA, pic à 15-30 min post-injection.
- IGF-1 : marqueur intégré sur 24-72 h.
- AMPc sur cellules GH3 ou hypophyses primaires.
- Expression GH1 par qPCR.
- In vivo : composition corporelle (DEXA), tissu adipeux viscéral (IRM).
7. Limites
- Variabilité interindividuelle : la réponse GH dépend de l’âge, du sexe, du statut nutritionnel.
- Tachyphylaxie sur exposition prolongée.
- Espèce-spécificité GHRH-R : la séquence varie entre espèces ; vérifier l’homologie.
- Pas d’usage humain hors essai clinique encadré.
8. Pour approfondir
- CJC-1295 + Ipamorelin : synergie GHRH / sécrétagogue
- Ipamorelin : sécrétagogue GHS-R1a sélectif
- IGF-1 LR3 : analogue long-acting
- HPLC ≥ 99,7 % : pourquoi ce seuil compte
Article à visée informative et de recherche scientifique in vitro. Le Tesamorelin n’est pas approuvé pour un usage humain, vétérinaire ou thérapeutique hors essai clinique encadré.